Trop d’habitations ne sont pas encore résistantes à la chaleur : en Belgique, 1 bâtiment sur 5 risque bientôt la surchauffe

Le Belgian Green Building Council développe un outil qui aide à déterminer les risques climatiques des bâtiments et entend sensibiliser les Belges à l’extrême urgence de la problématique

© Allan Feit

***COMMUNIQUE DE PRESSE***

  • L’habitation belge moyenne n’est pas, ou pas encore assez, résistante à la chaleur. Ainsi, un bâtiment sur cinq dans notre pays risque la surchauffe dans les 10 à 15 années à venir. Dans ces habitations, le mercure grimpera à plus de 25 °C pendant au moins 40 jours par an. Si nous n’agissons pas, 9 bâtiments résidentiels sur 10 dans notre pays connaîtront même une surchauffe plusieurs fois par an d’ici la seconde moitié du siècle.
  • C’est là l’avertissement du Belgian Green Building Council (BGBC), l’organisation réunissant notamment des banques, des acteurs de l’immobilier, des universitaires et d’autres experts qui ont uni leurs forces et se penchent sur ce type de thématiques durables. Ce n’est pas un hasard si l’organisation lance précisément maintenant un outil qui aide les architectes, les ingénieurs et les promoteurs immobiliers à déterminer dans quelle mesure un bâtiment résiste aux vagues de chaleur ou à d’autres risques climatiques.
  • « Les solutions ne doivent pas toujours être complexes. Peindre son logement dans une couleur plus claire, planter des arbres autour de sa maison ou installer une protection solaire peut déjà faire une différence », explique Gilles Vanvolsem du BGBC. Installer la climatisation partout, comme cela se fait déjà aujourd’hui dans les pays chauds, n’apparaît en tout cas pas comme la meilleure solution.

Quand il pleut, nous voulons du soleil. Mais le Belge n’aime pas les fortes chaleurs. De plus, dans la plupart des cas, notre parc de logements n’y est pas du tout préparé, ce qui fait que les températures grimpent aussi rapidement à l’intérieur pendant les vagues de chaleur. ​ L’habitation belge a en effet en moyenne 75 ans. En Flandre, l’âge moyen des logements avoisine les 60 ans, mais à Bruxelles et en Wallonie, il approche les 90 ans. Il en résulte que l’écrasante majorité du parc immobilier ne répond pas aux normes énergétiques et de qualité actuelles. Selon une étude de la KU Leuven, environ 1 logement sur 5 risque la surchauffe à l’horizon 2039. D’ici la seconde moitié du siècle, 9 habitations sur 10 pourraient même être confrontées à la surchauffe.

Et tous ces bâtiments en surchauffe sont aussi néfastes pour notre santé. Selon le Centre d’analyse des risques liés au changement climatique (CERAC), la chaleur provoque déjà des centaines de décès par an dans notre pays, et ce chiffre risque de grimper à des milliers par an à mesure que les températures augmentent.

Pas d’opération complexe

Désireuse de faire prendre conscience au Belge de l’extrême urgence du problème, l’organisation sectorielle BGBC lance une campagne auprès des professionnels.

« L’objectif est de prendre le problème à la racine par l’intermédiaire des professionnels. Nous avons mis au point un outil qui permet aux architectes, aux ingénieurs et aux professionnels de l’immobilier de déterminer facilement dans quelle mesure un bâtiment résiste à la chaleur. Mais aussi, par exemple, aux inondations et aux conséquences de la sécheresse. Si le résultat n’est pas satisfaisant, il faut agir », déclare M. Vanvolsem du BGBC.
Gilles Vanvolsem, CEO Belgian Green Building Council.

Le « Climate Adaptive Buildings Tool » indique non seulement dans quelle mesure un bâtiment est bien ou mal protégé, il contient aussi une liste détaillée d’actions concrètes qui peuvent être entreprises pour améliorer durablement la résistance à la chaleur de votre maison.

« Préparer son logement à la chaleur ne doit pas toujours être une opération complexe ou hors de prix », poursuit M. Vanvolsem. « Vous pouvez peindre les murs extérieurs dans une couleur claire, installer des ventilateurs, prévoir une protection solaire, ou tout simplement poser des volets roulants. Bien entendu, il est aussi question d’isolation ou d’installation de toitures végétalisées, etc. Mais que ce soit difficile ou facile, les gens doivent surtout se rendre compte qu’ils ont intérêt à adapter leur maison dès maintenant. C’est un très bon investissement, car ce qui ne représente aujourd’hui que quelques jours de transpiration par an deviendra bientôt davantage la norme ! »

La climatisation n’est pas la solution

Installer la climatisation partout sans adapter les maisons ne serait d’ailleurs pas une bonne solution. Selon l’analyse du Belgian Green Building Council, cela ferait augmenter drastiquement la consommation d’énergie en Belgique et grimper les températures extérieures à cause des émissions. À titre de comparaison, aux États-Unis, 88 % des habitations sont équipées de la climatisation, ce qui représente pas moins de 12 % de la consommation totale d’électricité du pays.

« Si la moitié des ménages belges installaient la climatisation, des études montrent que la demande annuelle d’électricité augmenterait d’environ 2,47 TWh, soit près de 2 % de la consommation totale d’électricité de la Belgique. C’est énorme, sachant que nous voulons justement réduire notre consommation d’énergie », ajoute M. Vanvolsem.

 

 

 

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