Enfin un cadre commun pour lutter contre le greenwashing dans les investissements durables
Dans un contexte de crises, la clarification des directives européennes vient à point nommé
COMMUNIQUE DE PRESSE
- Dorénavant, les banques de notre pays pourront évaluer les demandes de crédit durable plus correctement et plus efficacement. Elles bénéficient effectivement, pour la première fois, d’un cadre clair et uniforme, reposant sur les directives européennes. Ce cadre leur permettra de vérifier, par exemple, si un nouveau projet de construction ou de rénovation est réellement durable. Ainsi, davantage de demandes pourront être approuvées tout en réduisant le risque de greenwashing.
- Notre pays est l’un des premiers en Europe à y parvenir, sous l’impulsion de la Fédération belge du secteur financier, Febelfin, et du Belgian Green Building Council qui rassemble les banques, les acteurs immobiliers, le monde académique ainsi que d’autres experts autour de la thématique du développement durable. Il s’agit d’une avancée importante car, jusqu’à présent, l’interprétation concrète de toutes ces directives européennes complexes donnait du fil à retordre aux banques.
- L’application de la taxonomie de l’UE sur le marché belge étant largement simplifiée, les investisseurs belges pourront désormais comparer, évaluer et vérifier les offres beaucoup plus facilement.
- Le secteur immobilier attendait cette évolution depuis longtemps, compte tenu de l’urgence croissante d’investir dans l’immobilier durable — d’autant plus avec la crise énergétique actuelle. Rien qu’au niveau énergétique, quelque 84 % des immeubles de bureaux à Bruxelles, dans la capitale européenne, ne respectent pas les objectifs de 2050*. Au niveau national, seuls 7 % des bâtiments atteignent ces objectifs, selon une étude de marché.**
Avec les Pays-Bas, l’Espagne et l’Allemagne, la Belgique fait partie des premiers pays européens où les banques peuvent désormais s’appuyer sur des directives nationales spécifiques uniformes pour évaluer si un nouveau bâtiment ou un bâtiment existant ou rénové est réellement durable, conformément à la taxonomie européenne. Ce cadre est essentiel pour une évaluation correcte des investissements durables et l’octroi équitable de prêts au secteur de la construction et de l’immobilier, par exemple. Auparavant — comme c’est d’ailleurs encore le cas dans la plupart des pays européens — les banques décidaient elles-mêmes de l’interprétation des normes européennes.

« Jusqu’à présent, le caractère durable pouvait encore être interprété de manière variable en vertu des directives européennes. L’adoption de cette norme permettra désormais aux banques d’accorder des prêts verts plus rapidement et de manière plus éclairée, sans craindre de greenwashing. C’est une avancée qui apporte plus de clarté au secteur bancaire et plus d’équité aux secteurs de la construction et de l’immobilier, et plus largement à l’ensemble du monde entrepreneurial », déclare Gilles Vanvolsem, directeur général du Belgian Green Building Council (BGBC). « Nous avons mis au point ces lignes directrices normalisées en collaboration, notamment, avec la fédération belge du secteur bancaire Febelfin. À noter : les banques belges ne sont pas tenues de les adopter, mais elles s’engagent volontairement à les appliquer. »
Un risque moindre de greenwashing
Pourquoi est-ce si important d’avoir un cadre équitable ? En période de restriction des aides financières, il est d’autant plus important d’attirer davantage de capitaux privés pour financer des projets durables. Les institutions financières sont également tenues de notifier à l’Europe, notamment, le pourcentage de prêts destinés à des projets réellement durables. Néanmoins, jusqu’à présent, les banques disposaient, chacune, de leurs propres questionnaires, fichiers Excel et normes pour jauger la performance énergétique, les plans de rénovation, les matériaux utilisés et les risques climatiques, à l’aune de la taxonomie européenne, par exemple.
Tant pour les banques que pour de nombreux investisseurs (immobiliers), cette absence de critères comparables s’est traduite maintes fois par de l’inefficacité, une charge administrative supplémentaire et le rejet de projets considérés comme non écologiques par les banques, par crainte de greenwashing.
« Ces lignes directrices simplifieront considérablement la mise en œuvre pratique de la classification européenne de durabilité pour les projets immobiliers », a déclaré Tom Van den Berghe, directeur de la finance durable chez Febelfin. « Leur transposition en normes régionales reconnues favorisera une approche harmonisée de la part de tous les acteurs, y compris les institutions financières, et stimulera ainsi davantage le financement des projets durables. »
Accélérer la transition dans un contexte de crise énergétique et environnementale
Ces lignes directrices claires arrivent à point nommé, d’autant plus dans le contexte de crise énergétique. Cette normalisation devrait ouvrir la voie à davantage d’investissements dans des bâtiments réellement durables, consommant moins d’énergie et d’eau et émettant moins de CO2.
L’analyse du marché révèle entre autres que de nombreux bâtiments belges ne sont pas encore durables. À Bruxelles, par exemple, 84 % des immeubles de bureaux ne respectent pas les normes énergétiques nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques belges de 2050. Au niveau national, les résultats sont encore plus préoccupants. Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), seuls 7 % des bâtiments belges, qu’ils soient résidentiels ou non, atteignent les objectifs nationaux de consommation d’énergie définis en vue de 2050.
« Le besoin de bâtiments plus durables est criant, surtout face aux défis, d’autant plus face aux défis géopolitiques actuels », déclare Gilles Vanvolsem du BGBC. « Nos institutions financières jouent un rôle clé dans cette transition. Elles en sont le moteur et elles entraineront l’ensemble du tissu économique. »
La concrétisation d’une grande ambition
Le Belgian Green Building Council a été créé il y a un an pour réunir les secteurs de l’immobilier et de la construction ainsi que le monde financier au sein d’un seul et même forum. L’objectif : veiller à favoriser un langage commun et utilisent les mêmes paramètres. Avec une interprétation commune de la taxonomie européenne, un cadre fixé par l’Union européenne pour déterminer si un investissement est « vert », concrétise d’ores et déjà une belle ambition.
Lien vers les lignes directrices pour les bâtiments en Belgique, selon la taxonomie de l’UE :
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*Source : Commission européenne, via un rapport du groupe immobilier JLL (lien)
** Source : Études économiques de l’OCDE : Belgique 2024 (lien)
Contacts de Presse
Gilles Van Volsem (BGBC) - gilles.vanvolsem@belgiangbc.be - 0475 70 12 46
Tobias Van Assche (Story Forward) - tobias@weforward.be - 0476 60 48 03