Pour un Belge sur trois à la recherche d’un logement, la baisse de la TVA pourrait rendre tout d’un coup les projets de construction neuve beaucoup plus attrayants

Le secteur immobilier a lancé une étude sur les répercussions d’une baisse de la TVA : « Une diminution de 30 000 euros serait le coup de pouce nécessaire »

© Adrian Orlow
© Adrian Orlow
  • Un Belge sur trois (31,1 %), désireux d’accéder à la propriété, pourrait se laisser tenter par la construction neuve durable et délaisser ainsi les vieux logements énergivores si la TVA sur ce type de projet immobilier passait de 21 % à 12 %. Cette mesure pourrait même potentiellement faire grimper toute la société d’un échelon sur l’échelle du logement : « Même ceux qui louent pourraient acquérir un logement ou en louer un de meilleure qualité. »
  • C’est ce qu’il ressort d’un sondage représentatif, effectué par iVOX auprès de 1000 Belges à la demande de l’Union professionnelle du secteur immobilier (UPSI-BVS). S’appuyant sur ces résultats, le secteur immobilier ambitionne de convaincre le gouvernement fédéral et les présidents de parti qu’une baisse limitée de la TVA rendrait à nouveau abordables les projets de construction neuve tout en profitant à l’ensemble de la société. « D’autant plus dans un pays où le parc immobilier est vétuste et où l’abordabilité du logement est fortement sous pression », précise-t-on.
  • Soulignons aussi qu’une baisse de la TVA convaincrait plus d’un Belge sur quatre (27,8 %) d’investir dans une construction neuve à des fins locatives. Ce serait une bénédiction pour le marché locatif privé, où l’offre limitée fait grimper les loyers.
  • Compte tenu du retour sur investissement à terme, l’UPSI-BVS estime qu’il s’agirait d’une opération potentiellement neutre sur le plan budgétaire, qui devra être minutieusement calculée et discutée, selon le secteur.

***

Il ressort d’un sondage réalisé à grande échelle par le secteur immobilier que plus d’un Belge sur quatre à la recherche d’un bien à louer ou à vendre (26,8 %) doit se résigner. La raison est d’ordre financier : les biens sont inabordables. Tous ces gens ne sont évidemment pas sans abri, mais ils doivent se contenter de ce qu’ils ont. Autrement dit : rester là où ils sont et continuer à mettre de l’argent de côté. Pour le secteur, cela prouve à quel point la crise de l’abordabilité du logement est problématique dans notre pays. C’est à Bruxelles que la situation est la plus criante : jusqu’à 37 % des personnes interrogées disent ne pas pouvoir acquérir de logement pour des raisons financières. En Wallonie, il s’agit de 26,8 % et en Flandre de 25,0 %.

« Ces chiffres sont peut-être les plus marquants de l’étude », explique Katrien Kempe de l’Union professionnelle du secteur immobilier (UPSI-BVS). « Plus d’un Belge sur quatre à la recherche d’un logement affirme qu’il ne peut pas se permettre d’en acheter ou d’en louer un pour des raisons financières. Cela montre à quel point il est urgent de débattre de l’abordabilité des logements. »

« Une immense différence pour une personne sur trois »

Par contre, ceux qui peuvent se permettre d’acquérir un bien propre doivent souvent opter pour une habitation vétuste existante, c’est-à-dire énergivore. Tout le monde n’a pas les moyens d’investir dans une maison neuve durable. Le surcoût qu’entrainent les 21 % de TVA constitue un obstacle majeur à l’achat d’une construction neuve pour quatre personnes sur dix à la recherche d’un bien (40,7 %). Pour les jeunes de moins de 35 ans, la construction neuve semble encore plus utopique : pour 43,9 %, une maison neuve est tout simplement inabordable.

« L’abordabilité est par conséquent problématique pour les jeunes, mais pas uniquement. Toutes les tranches d’âge sont effectivement concernées », souligne Katrien Kempe de l’UPSI-BVS. « Une baisse de la TVA aurait de nombreuses répercussions. D’autant plus si cette baisse de la TVA se concentrait d’une part sur les futurs acquéreurs d’un premier logement propre (en ce compris, les biens d’une superficie limitée) et d’autre part sur les investisseurs, pourvu que ceux-ci satisfassent à certaines conditions locatives », poursuit Katrien Kempe.

D’une pierre deux coups

Aujourd’hui, un appartement neuf de 95 m² coûte en moyenne près de 320 000 euros dans notre pays, contre un peu moins de 400 000 euros pour une maison neuve de 160 m², ce à quoi il faut ajouter 21 % de TVA. La facture finale affiche ainsi plusieurs dizaines de milliers d’euros de plus. Si la TVA devait baisser de 21 à 12 %, comme cela a souvent été suggéré par plusieurs représentants politiques, les futurs propriétaires pourraient économiser jusqu’à 30 000 euros en fonction du type de logement. Et cela, uniquement avec une baisse de la TVA.

Un Belge sur trois (31,1 %) qui aujourd’hui n’aurait d’autre choix que d’acheter une maison vétuste affirme qu’une baisse de la TVA lui permettrait d’opter pour une maison économe en énergie. Parmi les jeunes de moins de 35 ans, ce chiffre augmente même jusqu’à 36 %.

« Ces 30 000 euros font la différence et influencent le choix entre une maison neuve ou un bien vétuste, c’est-à-dire entre une habitation économe en énergie, qui induira du coup une diminution des frais de fonctionnement, ou une habitation qui ne l’est pas », ajoute Katrien Kempe de l’UPSI-BVS. « Une telle baisse de la TVA serait principalement décisive pour les Flamands (32,9 %) et pour les Wallons (31,2 %). En région bruxelloise où les prix sont de toute façon plus élevés, la mesure influencerait directement plus d’un Bruxellois sur cinq (21,2 %). »
Katrien Kempe, directeur de UPSI-BVS.
Katrien Kempe, directeur de UPSI-BVS.
« Cette baisse de la TVA ne serait évidemment pas la panacée pour résoudre tous les problèmes d’abordabilité », précise Katrien Kempe. « Mais les répercussions sont significatives. Nous laisserions aux jeunes (-35 ans) la possibilité d’acquérir une construction neuve ou un logement vétuste existant. Sur le plan sociétal, nous ferions aussi d’une pierre deux coups en augmentant le nombre de logements abordables et en accélérant la transition environnementale du parc immobilier. Cette mesure pourrait même potentiellement faire grimper toute la société d’un échelon sur l’échelle du logement : même ceux qui louent pourraient acquérir un logement ou en louer un de meilleure qualité. Toute la société profiterait ainsi potentiellement de cette baisse de la TVA sur les constructions neuves. »

Près de sept locataires sur dix préfèrent acheter

Et les répercussions ne s’arrêtent pas là : selon le secteur, une baisse de la TVA atténuerait également la pression sur le marché locatif privé. Parmi les locataires interrogés, près de sept personnes sur dix (69,3 %) ont déclaré qu’elles préféreraient acheter, mais qu’elles ne pouvaient pas se le permettre financièrement. Ainsi, elles doivent continuer à louer un bien sur un marché locatif déjà très tendu. Par ailleurs, 47,9 % ont dit avoir choisi leur logement par dépit parce que l’offre sur le marché était tout simplement trop limitée.

« Il est dès lors clair que la demande n’est pas le seul aspect à considérer. Nous devons aussi et surtout examiner l’offre. ​ Et c’est là que le bât blesse depuis longtemps », déclare Olivier Carrette de l’UPSI-BVS.
Olivier Carrette, Administrateur Délégué de UPSI-BVS.
Olivier Carrette, Administrateur Délégué de UPSI-BVS.
« Une baisse de la TVA convaincrait quelque 27,8 % des Belges d’investir dans une construction neuve à des fins locatives, ce qui permettrait d’avoir plus de logements locatifs, économes en énergie et de qualité sur le marché. Par conséquent, sur un marché locatif où l’offre est aujourd’hui structurellement sous pression, les locataires auraient plus de choix et la pression sur les loyers serait moindre. En outre, cela permettrait d’accélérer le renouvellement de notre parc immobilier. Ce dernier point est important parce que seuls quelque 5 % des foyers belges respectent aujourd’hui les normes énergétiques fixées pour 2050. »

Pas de chèque en blanc

L’UPSI-BVS insiste sur le fait qu’une baisse de la TVA doit avant tout être considérée, selon le secteur, sous l’angle de l’abordabilité pour le consommateur. Le secteur plaide en faveur d’une mesure ciblée et minutieusement calculée, dont l’évaluation ne se limitera pas à la seule baisse des recettes de TVA. Elle devra aussi se faire à l’aune de l’activité économique qu’elle engendrera et des répercussions qu’elle aura sur l’abordabilité du logement.

C’est pourquoi L’UPSI-BVS parle d’une opération budgétairement neutre, qui, selon le secteur, doit être scrupuleusement examinée.

« Nous ne demandons pas de chèque en blanc », ajoute Olivier Carrette. « Nous insistons par contre pour qu’il soit tenu compte de l’ensemble des répercussions sociétales et économiques dans les calculs. Si une baisse de la TVA induit plus de nouvelles constructions, plus de logements disponibles, plus de transactions et plus d’activités économiques, il est inconcevable de ne pas en tenir compte lors de son étude et de son évaluation. »

À PROPOS DU SONDAGE

Le sondage a été effectué à la demande de l’UPSI-BVS par le bureau d’études de marché iVOX auprès de mille Belges, soit un échantillon représentatif de l’âge, du sexe, de la région et du niveau d’éducation. La marge d’erreur maximale s’élève à 3,02 %.


CONTACT PRESSE

Tobias Van Assche - tobias@weforward.be - 0476 60 48 03

Katrien Kempe - katrien.kempe@upsi-bvs.be - 0486 66 10 65

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